L'importance de l'erreur dans l'apprentissage

Mar 16 / Virgile Duflo
Alors que l’école a été historiquement conçue comme le lieu pour commettre et apprendre de ses erreurs, elle s’est progressivement éloignée de cette conception pédagogique. 😕

Tirant son origine du latin error qui signifiait « aller à l’aventure », le mot erreur est désormais synonyme d’échec.

L’erreur a acquis un statut négatif parce qu’elle est considérée comme étant un dysfonctionnement dû à un manque de concentration de la part de l’élève au moment de la réception de l’information ou lors de la restitution de ses connaissances. 
Aujourd’hui, l’erreur constitue, à l’école comme à l’université, une source de stress voire d’angoisse pour les élèves. Les étudiants ont peur de se tromper, ils deviennent récalcitrants à l’idée de poser une question dans un cours magistral ou de proposer une solution en séance de TD.

Mais imagine un instant que l’erreur retrouve un statut positif dans tes études.

Et si l’erreur était en fait la clé d’un apprentissage sain et efficace ? 🤔

1. Les bienfaits de l’erreur sur tes études

Chez JurisLogic, l’erreur est considérée comme une étape clé de l’apprentissage, nécessaire et source d’enseignements pour tous, étudiants comme enseignants.

L’apprentissage n’est pas un processus linéaire, il est composé d’une succession d’essais, de tâtonnements et d’erreurs. Il y a donc pour les élèves un droit à l’erreur qui doit être reconnu et pris en compte. Le travail sur l’erreur permet d’instaurer un climat de confiance dans lequel l’erreur n’est plus stigmatisée mais devient un matériau collectif pour la construction du savoir.

En effet, les dernières recherches neuroscientifiques ont montré que le cerveau apprend grâce à l’erreur. Le cerveau fait en permanence des prédictions qui sont confrontées à des observations issues de son environnement.

C’est ce décalage entre prédictions et observations qui est source d’apprentissage, ce contraste envoie un signal au cerveau et permet alors une mise à jour de tes connaissances.

A ce titre, Stanislas Dehaene a expérimenté cette conception sur des bébés de 2 à 3 mois qu’il a habitués à une certaine régularité auditive : « ba, ba, ba, ba, ba ». 👶

En enregistrant l’activité du cerveau au moyen d’électrodes (totalement inoffensives rassure-toi) placées sur la tête, on constate que l’activité cérébrale de l’enfant diminue progressivement au cours de la phase d’assimilation de ces sons. Plus il entend de « ba », moins son cerveau réagit.

La première syllabe n’est pas prédite et donne un signal cérébral très intense, tandis que le signal diminue dès la deuxième syllabe. En d’autres termes, l’enfant a assimilé la série de 5 sons identiques et son cerveau est désormais capable de prédire le prochain « ba ».

Toutefois, lorsqu’un nouveau son inattendu est produit, on observe une activité cérébrale importante de même ampleur que lors du premier son. La déviation de la régularité attendue génère ainsi un signal « d’erreur de prédiction » dans le cerveau et ce, dès la naissance.

Cette expérience démontre ainsi que le cerveau est bien plus performant lorsqu’il est surpris, lorsqu’il constate des écarts par rapport à ses attentes, plus simplement, lorsqu’il commet une erreur. Un cerveau qui ne commet pas d’erreur de prédiction n’apprend pas. Dès lors, l’erreur a toute sa place dans le processus d’apprentissage.

Mais pour que l’erreur constitue une voie propice afin d'accéder à une meilleure compréhension du cours, elle doit être suivie d’une correction.

2. Erreur et correction : la combinaison parfaite pour mémoriser

Si je te parle d’examens ou de partiels, ça va sans doute te rappeler tes révisions, tes bulletins de note et ta moyenne, non sans une certaine appréhension. 🤮

Pourtant, les examens constituent des outils particulièrement efficaces pour apprendre.

Tout d’abord, les examens sont évidemment l’instrument de choix des enseignants pour évaluer tes compétences. Ensuite, ils servent aux étudiants à développer leurs compétences d’autoévaluation (les experts parlent de « métacognition ») ; les examens t’informent sur tes forces et tes faiblesses pour que tu puisses adapter tes prochaines révisions.

Mais il y a aussi un troisième effet, plus surprenant. 🚀

En 2010, des chercheurs se sont intéressés aux travaux d’Aristote (De la mémoire et de la réminiscence) pour qui « l’exercice de récupération répétée d’une chose renforce la mémoire ».

Les scientifiques ont effectué une expérience sur une classe d’étudiants chargés d’étudier un cours, une première fois. Ensuite, la classe a été scindée en deux groupes, l’un devant réviser de manière traditionnelle par une simple relecture, l’autre devant remplir une feuille blanche avec tout ce dont il se souvenait.

Après cette phase de révision, les étudiants ont été testés à plusieurs reprises : 5 minutes après leurs révisions, puis 2 jours et enfin 1 semaine.

Les résultats tombent : on observe que tant que le test est rapproché des révisions (5 min), réviser de manière traditionnelle permet d’obtenir des résultats sensiblement meilleurs comparés à la révision sous forme de question ouverte.
Toutefois, après seulement quelques jours, c’est l’inverse qui se produit et l’écart de connaissance entre les deux groupes se creuse de façon prononcée !

Les étudiants ayant révisé en s’exerçant sont beaucoup moins sujets à des pertes de mémoire et obtiennent des résultats nettement plus fiables sur la durée. Ce phénomène est appelé « l'effet test ».

En se rendant compte qu’il s’est trompé pendant la correction de ses exercices, l’étudiant déclenche inconsciemment dans son cerveau un signal d’erreur qui amorce une reconfiguration de ses réseaux neuronaux. C’est bien l’effort de récupération en mémoire et non l’exposition répétée aux informations à retenir qui a facilité son apprentissage.
Cette étape
fait toute la différence avec des révisions classiquesLes révisions accompagnées de tests te permettent de vérifier tes connaissances et de te garantir une mémorisation fiable sur le long terme.

Au contraire, une révision sous forme de répétition, dense et condensée, sans test, comme le « bachotage », te crée une «
impression de savoir » et risque fort d’être oubliée aussitôt l’examen terminé.
Dans ce nouveau cadre, tes erreurs deviennent positives et sources d’apprentissage, elles expriment à la fois la représentation mentale que tu te fais d’une notion et constituent un obstacle à repérer avant de le dépasser.

Pense comme Nelson Mandela : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends » .

Ce sont souvent les concepts superficiellement simples à comprendre (préjudice moral, contrat synallagmatique, bien fongible, etc.) qui nous posent le plus de problèmes au moment de les mettre en pratique.

Évidemment, cette méthode n’a de sens que si l’étudiant est suivi par un enseignant qui lui fait un retour et lui fournit une correction. Le plus tôt est le mieux mais une correction retardée aura également un effet positif sur l’apprentissage. Et cet effet d’amplification du test peut même se produire lorsque le test est effectué avant l’étude du cours !

Avec la plateforme JurisLogic, tu auras accès à une multitude d’exercices corrigés par des enseignants pour confronter tes connaissances à la réalité. N'hésite pas t'inscrire dans la formule découverte pour tester ! 

Cas pratiques, commentaires, fiches d’arrêt et quizz ; il ne tient plus qu’à toi de t’exercer et d’apprendre de tes erreurs. C’est l’expérience que tu en tires qui fera toute la différence. 😉

Et si tu veux combiner cette méthode de travail avec une réelle productivité, n’hésite pas à faire un tour sur notre article recensant : 5 astuces pour booster ta productivité pendant tes études de droit.
La licence de droit n’est pas un long fleuve tranquille mais rien ne t’empêche d’apprendre le rafting. Chez JurisLogic, le droit, on en a fait de l’eau.