Les bienfaits de la répétition dans l’apprentissage

Les bienfaits de la répétition dans l’apprentissage

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Interros, galops d’essai et surtout partiels, les examens se succèdent et malgré tes révisions c’est l’impasse qui t’attend au bout du tunnel. 

Petit à petit, ton paysage juridique s’assombrit, tu découvres de nouvelles matières mais ta licence de droit se transforme en calvaire.

Et si tu n’avais tout simplement pas la bonne méthode de travail ? 🤔

Puisque c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, cet article traitera d’une méthode testée et approuvée, l’une des clés de l’apprentissage : la répétition.

Rien de révolutionnaire tu me diras. Et pourtant, lorsqu’elle est pratiquée intelligemment, la répétition comporte de nombreux avantages pour mémoriser tes cours et réussir tes études de droit.

Sommaire

1. La puissance de la répétition

 

La répétition : d’où ça vient ?

 
Répéter une information pour la retenir par cœur, ça n’a rien de nouveau.
 
Mais historiquement, on s’appuyait davantage sur des répétitions successives et concomitantes pour mémoriser une information, sans laisser le cerveau se reposer. C’est ce qu’on appelle l’apprentissage massif qui n’a rien d’optimisé.

Tout va changer avec les travaux d’Hermann Ebbinghaus (1850-1909), philosophe allemand considéré comme le père de la psychologie expérimentale.

Pendant ses recherches, Ebbinghaus n’a cessé d’apprendre des listes de logatomes ou de paralogues. C’est à dire des syllabes constituées de 3 ou 4 lettres et la plupart du temps sans signification particulière.
 
Il en faisait des listes de différentes longueurs, il comptait le nombre de répétitions et le temps qu’il lui fallait pour les connaître par cœur.

Un jour, il choisit une longue liste qu’il répéta jusqu’à la savoir par cœur. Il lui fallut 68 répétitions successives, on était dans un contexte d’apprentissage massif.

C’est alors qu’il a une idée incongrue et totalement révolutionnaire : espacer les répétitions 🎯

Il prit une liste de même longueur mais changea son mode opératoire.
Le premier jour, il ne la répéta que 18 fois, c’était insuffisant pour la connaître par cœur. Il réitéra dès le lendemain en répétant sa liste 12 fois. Et encore 8 fois le surlendemain.
 
Et cette fois-ci, il fut capable de réciter sa liste entièrement et même deux fois de suite sans aucune erreur. Cette fois, il n’avait eu besoin que de 38 répétitions au total pour retenir sa liste.

En choisissant d’espacer ses répétitions, il avait réduit le nombre de répétitions nécessaires de 44%, pour obtenir un résultat identique : le principe des répétitions espacées était né !🚀 
 
Ebbinghaus poursuivit ses recherches pendant 3 ans, il étudia ses pourcentages d’exactitude après quelques heures, quelques jours voire quelques semaines.

Et finalement, ses recherches aboutirent à deux conclusions très importantes :
 
• L’apprentissage distribué est plus efficace et moins coûteux en énergie que l’apprentissage massif.

• Chaque répétition apporte une rémanence de la mémorisation plus importante que la répétition précédente.

En d’autres termes, à chaque répétition, les circuits concernés restent plus longtemps en veille, qu’à la répétition précédente.
 
Ainsi, il est possible d’augmenter au fur et à mesure le temps entre chaque nouvelle répétition sans perdre en efficacité
 
La répétition est la clé d’un apprentissage durable, global et intégré.
 

La répétition : comment ça marche ?

 
Sur le plan biologique, apprendre est une affaire de connexions. Lorsque tu fais face à une nouvelle information, certains de tes neurones vont s’associer pour créer des connexions synaptiques.
 
Imagine que tu construises des routes pour relier plusieurs villes.

Lorsque de nouvelles connexions sont établies, répéter et réviser l’information va renforcer ces connexions neuronales et ancrer l’information dans ta mémoire à long terme.

C’est là qu’entre en scène la myéline : un composant biologique qui protège tes connexions synaptiques et qui est en relation directe avec tes performances.

En fait, à chaque fois que le circuit neuronal est emprunté, le manteau de myéline s’épaissit. Et en s’épaississant, la couche de myéline va faciliter la circulation du flux nerveux le long de la connexion.
 
En d’autres termes, à chaque répétition, tu vas consolider la route empruntée par l’information. Petit à petit, tes petites routes de campagne peu praticables vont se transformer en véritables 4 voies 🚘

En début d’apprentissage, l’effort mobilise toutes les ressources du cortex frontal. Afin de libérer l’esprit pour d’autres tâches, il est indispensable que la connaissance devienne routinière (c’est pas pour rien que je te parle de route depuis tout à l’heure 😂).

Grâce à la répétition, tu auras accès à l’information :

• Plus rapidement : ça va diminuer ta charge cognitive.
• Et plus longtemps : histoire de pas oublier les notions après le partiel.

La répétition est donc une chose essentielle dans tes études de droit.
Comme l’a si bien affirmé Montaigne : « La répétition est le burin de la mémoire ».

Lorsque tu vois une information à une seule reprise, elle ne se stockera pas automatiquement dans ta mémoire d’autant plus si cette information est nouvelle.
 
Croire que tu connais ton cours en l’ayant lu une fois ou en ayant écouté le professeur constitue donc une erreur fondamentale ⛔
 

Les bienfaits de la répétition illustrés

 
De plus en plus de chercheurs observent les effets physiologiques de la répétition sur le cerveau.

Ils avaient déjà remarqué, chez les chauffeurs de taxi londoniens, que l’hippocampe (la structure du cerveau qui est utilisé dans la mémorisation et la navigation spatiale) était plus grand chez eux que dans le reste de la population en raison des trajets souvent répétés et de leur travail consistant à connaître par cœur la capitale anglaise.

D’autres chercheurs de l’Université McGill au Canada ont voulu voir si cet effet était reproduisible grâce du jeu vidéo. 28 personnes furent recrutées pour jouer à un jeu de course pendant 45 min mais dans des conditions différentes.
 
Le premier groupe allait tester 20 circuits différents pendant leur temps de jeu. Le second groupe ne devrait, quant à lui, jouer que sur un unique circuit, 20 fois d’affilée.

Après cette période de jeu, les connaissances spatiales des deux groupes furent testées. Le second groupe avait alors bien plus de facilité à augmenter sa vitesse quand il le fallait, à classer des photos de paysage et à tracer une carte de la route.
 
Grâce à la répétition, le second groupe avait assimilé les fonctionnements du circuit, alors qu’il ne s’agissait que d’un univers 3D.

Encore plus étonnant, les chercheurs ont observé chez le second groupe des changements notables de la taille de l’hippocampe et de la synchronicité entre celui-ci avec le reste des parties du cerveau liées à la mémoire spatiale.
 
La répétition a donc un véritable impact sur la structure même de notre cerveau.

Toutefois, elle présente un inconvénient majeur : la répétition, c’est chiant.

2. La répétition : comment m’y prendre ?

 
La répétition ne doit pas se réduire au travail d’une même activité plusieurs fois, au risque de voir la fatigue s’accumuler et ta motivation s’estomper face à une tâche complexe.

L’art de la répétition va au-delà de la simple reformulation, il passe par la variation des méthodes pédagogiques pour un même objet de savoir. Plus tu assimileras l’information dans des contextes différents, plus tu seras compétent pour restituer ce que tu as appris.

L’autre problème pour l’étudiant en droit, c’est qu’il ne s’agit pas d’apprendre des listes de syllabes comme Ebbinghaus, mais bien des cours de parfois 100 pages ! Tu peux facilement te retrouver piégé.

Alors comment t’en sortir ? 🤔
 

Prépare-toi des résumés de cours

 
Pour t’en sortir, tu vas devoir apprendre à résumer ton cours. La réduction de matière peut varier beaucoup d’un cours à l’autre mais l’idée est de pouvoir résumer un cours d’une heure en 15 minutes à l’oral.
 
L’objectif est de passer ton cours au tamis et de retirer les passages qui se répètent, de réduire les parties qui s’étendent sur plusieurs pages sans que ça soit justifié (on a tous eu des profs comme ça). Petit à petit, tu vas faire fondre l’enrobage « littéraire » typique des cours de droit.

Cette discipline favorise la mémorisation pour plusieurs raisons
 :
 
▶Tu vas être forcé de « rentrer » dans la matière pour comprendre de quoi il s’agit. Cette étape va activer ta mémoire sémantique, celle des mots, de la connaissance, du sens. Tu retiendras bien mieux dans ces conditions.

▶Tu organises tes connaissances dans un plan qui se déroule logiquement.
Utilise celui-ci du cours ou reformule-toi un plan qui te correspond davantage. Tu vas pouvoir t’appuyer sur le fonctionnement associatif naturel de ta mémoire. Une chose en amène une autre naturellement.

▶Les titres de ton plan vont former ce que l’on appelle des indices de rappel, qui, comme leur nom l’indique, favorisent le rappel de ce qui y est associé, en l’occurrence tes résumés.

Ensuite, tes résumés te serviront eux même d’indices de rappel pour les différentes parties du cours. Une fois cette étape majeure accomplie, tu peux optimiser ta manière de réviser.

Voici 3 méthodes de travail qui t’aideront à optimiser tes révisions :

 

La méthode QR (Question-Réponse)

 
Lorsque tu lis ton cours et que tu coinces sur une partie, cette méthode consiste à te demander : à quelle question ce paragraphe est-il une réponse ?

Note la question, rédige un résumé en guise de réponse et continue ton travail d’élagage. L’idéal c’est de répondre à chaque question assez rapidement après avoir relu ton texte, environ 10 minutes maxi.
 
Réponds oralement à ces questions, l’une après l’autre pour solliciter ta mémoire auditive et ta mémoire kinesthésique.

De cette manière, tu vas extraire ce que tu viens de lire de ta mémoire encore fraîche, tu vas rallumer tes fameux circuits neuronaux. Tu vas vite constater que ta réponse ne se limitera pas à un résumé.

Va à ton rythme, il n’est pas interdit de jeter un œil sur ton cours si tu coinces sur un point. Mieux vaut jeter un coup d’œil pour mémoriser une information plutôt que de mémoriser tes hésitations.

Ces questions, lorsqu’elles te seront posées, fonctionneront comme un indice de rappel. Autrement dit, tu auras comme automatisé le lien entre la question et la réponse en mémoire. Que ce soit pour l’écrit ou pour l’oral, c’est ce qu’il te faut pour réussir ton examen.

Après tout, réussir un examen c’est comme gagner à un jeu de questions-réponses. 😉
 

La boîte de Leitner

 
Il s’agit d’une méthode ludique qui consiste à introduire des cartes mémoires (flash cards) dans des boîtes numérotées de 1 à 5, chaque carte contenant une information à assimiler au recto, et la réponse au verso.
 
Cette technique va te permettre de réviser des notions, le plan du cours, des schémas, etc.
 
Le système Leitner s’adapte facilement à tes besoins puisqu’il est conçu pour te faire répéter les sujets avec lesquels tu rencontres des difficultés et réduire les répétitions concernant les sujets que tu maîtrises rapidement.

Concrètement, comment ça marche ? 🧐

Tout d’abord, tu as défini le nombre total de cartes mémoires en te limitant à des sujets que tu estimes important. Remplis ta première boîte avec tes cartes.

Ensuite, tu passes aux choses sérieuses. Retire tes cartes une par une, répond à la question et vérifie la réponse au dos. Lorsque tu réponds correctement, la carte mémoire passe au niveau supérieur dans la deuxième boîte.
 
Mais si tu as mal répondu, la carte reste dans la première boîte. La première fois, l’idéal est que tu arrives à mettre toutes les cartes dans la boîte 2.

Le jour suivant, tu vas de nouveau traiter tes cartes mémoires qui se trouvent dans ta deuxième boîte. Lorsque tu réponds bien, passe la carte dans la troisième boîte mais si tu réponds à côté, la carte repart dans la première boîte.
 
Au fur et à mesure que les cartes avancent dans la séquence, le nombre de jours entre chaque révision augmente pour coller parfaitement avec le principe des répétitions espacées.

L’objectif est de continuer ce travail toute la semaine et d’atteindre la dernière boîte avec toutes les cartes. A ce niveau-là, tu les auras bien assimilées. Entre temps, rien ne t’empêche d’ajouter de nouvelles cartes mémoires. 😎
 

Les Flash Cards

 
Le principe des flash-cards est simplissime : une question sur le recto d’une carte et la réponse sur le verso.

Le principe est de réactiver facilement et régulièrement le lien associatif qui unit deux types d’information :
• Une notion et sa définition
• Une jurisprudence et sa portée
• Un article et ses effets
• Un auteur et ses dates de naissance et de mort

En 2016, une étude réalisée par l’Université de Montréal a démontré que l’utilisation des flash cards permet de consolider le contenu appris en classe et favorise l’apprentissage à long terme.

Les flash cards peuvent être utilisées de différentes manières :

▶Tu peux réviser où tu veux et quand tu veux : dans les transports en commun, pendant dix minutes entre deux cours, le soir avant de t’endormir ;
 
▶Tu peux réviser à plusieurs : mélange tes cartes avec celles que tes amis ont confectionnées, chacun pioche à son tour et essaye de répondre aux questions.
 
▶Tu peux réviser avec la méthode de Leitner : et oui, les flash cards se combinent parfaitement avec la fameuse technique des boîtes !
 
En d’autres termes, les flash cards collent en tout point avec le principe de répétition espacée. Elles te permettront de mémoriser tes cours sur le long terme et à moindre effort.

Chez JurisLogic, tu auras accès à un grand nombre de flash cards pour t’aider à réviser plus de 25 matières du droit. Notions de cours, jurisprudences, articles de loi, tout y est !

Et puisqu’un exemple vaut mieux que de longs discours, tu pourras retrouver 14 flash cards interactives JurisLogic sous cet article pour t’entrainer. 😉

Et si tu veux en savoir plus sur l’intérêt de s’entrainer, jette un œil à notre article sur : l’importance de l’erreur dans l’apprentissage.

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Chez JurisLogic, le droit, on en a fait de l’eau.

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